Dix ans après sa création le Bitcoin reste pour beaucoup toujours un mystère. Ce simple programme informatique devenu au fil des années une monnaie virtuelle estimée à 260 milliards pose aujourd’hui beaucoup de questions. Comment fonctionne-t-il ? Comment le rendre compréhensif aux yeux de tous ? Pourquoi suscite-t-il autant de craintes ?

La première cryptomonnaie de 1999 fut baptisée la b-money par son créateur, un certain Wei Dei. A cette époque, les technologies existantes ne permettaient pas l’ensemble des possibilités qu’offre le numérique aujourd’hui. En 2008, un mystérieux japonais Sotoshi Nakamoto (peut-être différentes personnes se cachent derrière ce pseudonyme) s’inspira de ce premier modèle pour créer le Bitcoin. Longtemps cantonné à une petite communauté de développeurs souhaitant s’extirper du système bancaire traditionnel, le Bitcoin est devenu en dix ans d’existence un monstre scriptural aux résultats édifiants.

Le Bitcoin et la technologie Blockchain

La crypto-monnaie et son réseau international fonctionnent comme le système financier actuel mais sans les banques. Pour les remplacer, le réseau bitcoin s’est affilié avec la technologie blockchain dites « Chaine de blocs ». La technologie s’apparente à un annuaire numérique géant chargé de recenser et sécuriser l’ensemble des opérations effectuées avec des bitcoins. Les transactions entre utilisateurs sont quasi instantanées. Leurs validations se font grâce aux « mineurs ». Ce sont les développeurs qui permettent de faire fonctionner le réseau. Initialement réservé aux particuliers, « le minage » est devenu une activité très lucrative et l’intérêt des entreprises ne fait que s’amplifier.

Le Bitcoin en chiffres

Actuellement, acheter des bitcoins se fait par des plateformes spécialisées. Celles-ci se sont multipliées ces dernières années avec la forte hausse de la valeur. Des points de vente physiques existent également, comme la Maison du bitcoin à Paris. Les commissions sont aussi variées, de 3% sur les plateformes numériques à 5% ou plus dans les points de vente physiques. Côté dépenses, celles-ci se font uniquement sur internet. Actuellement on compte environ 100.000 sites internet qui acceptent les cryptomonnaies. Là encore leur nombre devrait exploser dans les mois et années à venir.

Le bitcoin est devenu une forme d’investissement à part entière. Les investisseurs qui achètent de la cryptomonnaie se comptent aujourd’hui par dizaines de millions dans le monde. En France leur nombre dépasse les 200.000 et les investissements vont de quelques dizaines à plusieurs milliers d’euros. Mais les particuliers ne sont plus les seuls à voir d’un bon œil la cryptomonnaie et les acteurs financiers s’y intéressent de plus en plus. Certains comme le fonds Tobam en France proposent à leurs clients d’investir dans le bitcoin.

C’est véritablement l’année dernière que le phénomène prend une nouvelle tournure. La croissance de la crypto-monnaie a explosé de 1300% pour atteindre les 20.000$ avant de se stabiliser aux alentours de 12.000$ en fin d’année. Certains spécialistes comme Mike Novogratz (ancien gérant du fond spéculatif Fortress) estiment que le Bitcoin pourrait atteindre 40.000 $ l’unité dès 2018. Aujourd’hui le nombre d’investisseurs dépasse les 50 millions malgré une défiance envers le système financier encore bien présente. Contrairement aux devises traditionnelles, le Bitcoin ne dépend d’aucune institution. En tant que programme informatique, il génère des Bitcoins en définissant lui-même le nombre approprié. Aujourd’hui près de 17 millions d’unités sont en circulation. Un chiffre qui devrait grossir dans les années à venir. Coté développeurs, ils sont actuellement environ 10 000. Ils sont chargés de la sécurité et du codage de la crypto-monnaie. Seule cette communauté est capable de la contrôler pour l’heure. N’ayant aucune affiliation avec un Etat ou une banque centrale le Bitcoin suscite des interrogations et des inquiétudes.

La législation autour du Bitcoin

La France fut l’un des premiers pays à s’intéresser au Bitcoin et à réglementer son usage. L’article L. 111-1 du Code monétaire financier précise que « la monnaie de la France est l’euro ». Même si celles-ci sont perçues comme des outils spéculatifs par la banque centrale, rien n’interdit toutefois l’utilisation de cryptomonnaies dans l’hexagone. La récente ordonnance de décembre 2017 intègre la technologie Blockchain dans la règlementation des titres financiers. D’un point de vue général, l’Europe est assez hostile au Bitcoin est aux cryptomonnaies. En Grande Bretagne, première place financière européenne, les différents rapports mettent en garde contre le bitcoin qui demeure expressément exclu des transactions. Même son de cloche dans le monde, en Russie par exemple le Bitcoin demeure officiellement interdit, le rouble est le seul moyen de paiement possible. La Chine quant à elle ne reconnait pas la cryptomonnaie en tant que moyen de distribution. Toutefois la tendance est au changement car des lois plus conciliantes ont récemment été votées. Bref, la Bitcoin mania est encore loin d’être terminée.