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Le nudge, dit incitation douce donnée à un individu pour modifier son comportement, reste une méthode de management encore très peu connue. Cette technique de marketing issue des Etats-Unis s’avère être également très utile pour les ressources humaines.

Prix nobel d’économie en 2017, Richard Thaler s’est fait connaître grâce à son concept du « nudge ». Plus qu’une simple théorie visant à orienter un individu vers un choix plutôt qu’un autre, le nudge est devenu un mode de management à part entière.

Le management par les émotions

La méthodologie du nudge s’appuie sur plusieurs principes. En premier lieu, il s’agit d’identifier le problème. Inciter un individu à aller dans votre sens nécessite de supprimer tous les éléments perturbateurs. Jouer sur le ludique afin d’éduquer l’interlocuteur est l’un des principes de la méthodologie. Exemple, l’aéroport d’Amsterdam a diminué ses frais de nettoyage de 80% en collant un sticker « mouche » au fond des urinoirs. L’autre point particulièrement important dans le management c’est la notion de changement. Par essence, l’être humain aime la stabilité et rechigne quand il s’agit de revoir ses décisions.

Le nudge s’appuie sur la norme sociale et ce qui influence grandement les choix. C’est l’idée de faire comme les autres. Tout comme le principe de l’égo capable de stimuler les équipes à mener à bien les projets en se surpassant. Le dernier point important de la méthode « nudge » est celui de la perte potentielle. Ce levier du nudge s’avère être diablement efficace. La nature humaine fait que la peur de perdre est plus forte que l’envie de gagner.

Le nudge comme méthode éducative

En pratique, il est d’abord utilisé à des fins ludiques et statistiquement cette méthode fait ses preuves. Par exemple, mettre sur le sol des traces de pas vertes qui vont vers les poubelles municipales fait baisser de 50% la tendance à jeter ses déchets par terre. En entreprise, l’une des missions d’un manager est de faire appliquer dans les équipes les décisions de la hiérarchie. Cette tâche peut s’avérer délicate quand il s’agit de changements nécessaires pour le bien de celle-ci. Certains auteurs comme Nicolas Bordas estiment que, « Le principe même du nudge repose le sentiment de liberté qu’il transmet ». En milieu professionnel, son utilisation a pour but d’accroître l’efficacité du collaborateur. Cette sensation de liberté doit lui permettre de se surpasser lui-même dans son travail. Le nudge devient un substitut à la méthode de management classique fondée sur le principe du menace-promesse. Pour le sociologue, François Dupuy, « Les entreprises sont en surabondance de process, de systèmes de reporting et d’indicateurs de performance. Cet excès devient un problème pour les entreprises, il faut repenser autrement. »

Le nudge et la formation

C’est bien connu les formations interne ne sont pas toujours faciles à faire appliquer.

Le nudge est un excellent moyen pour en soumettre quelques-unes de façon subtile aux collaborateurs. Il nécessite de se renseigner en amont sur leur situation, aspirations de carrières, centres d’intérêt ou encore leurs préférences. La formation prend ainsi la forme de suggestions. Dans le marketing cette méthodologie peut s’apparenter à de la publicité comportementale.

Et l’éthique alors ?

Une obligation pose le problème de l’éthique, un nudge est tout à fait différent. Pour se faire, il n’exploite en aucun cas les facultés non délibératives d’un individu (instinct, pulsions). Son champ d’action se situe au niveau de la réflexion de l’individu. Une fois une décision prise, celle-ci se fait en toute conscience. En outre, l’objectif d’un nudge est toujours collectif, et ne doit chercher que le bien d’une collectivité.

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